Prévenir plutôt que guérir : le fond d’urgence

Dans mon précédent article, sur l’importance du budget, j’ai mentionné qu’un fond d’urgence est de mise et ce, pour de nombreuses raisons. Il se peut que vous les trouvez futiles;mon conjoint ne voit pas l’intérêt du fond d’urgence, puisqu’il a sa carte de crédit. C’est aussi ce que je pensais il y a quelques années. Sauf que mes urgences étaient souvent coûteuses et il était rare que mon solde de crédit soit entièrement payé. Résultat? Des intérêts gigantesques m’étaient chargés par la compagnie de ma carte de crédit, ajoutant des frais supplémentaires à mon urgence (comme si j’avais besoin de cela). Sérieusement, c’est du vol que vous autorisez à chaque mois lorsque vous ne payez pas votre solde de crédit en entier.

Donc, pour éviter que des compagnies viennent piquer mon argent sans même lever le petit doigt, j’ai un fond d’urgence. L’idée de mon fond d’urgence est inspirée de la méthode de Dave Ramsey pour vivre sans dettes. C’est la première étape de sept pour se sortir de l’endettement. M. Ramsey préconise d’économiser pour un fond d’urgence même si vous êtes endetté jusqu’au cou; le créer vous donne un début de discipline et si un imprévu arrive, ce fond vous évite d’être encore plus dans le rouge.

Ramsey conseille 1000$ comme montant à mettre de côté. C’est un beau chiffre rond, assez gros pour couvrir la majorité des imprévus mais assez petit pour ne pas décourager les économes en herbe. Si vous pensez que 1000$ est trop pour vous ou pas assez, n’hésitez pas à vous fixer comme objectif un autre montant. Les urgences d’un étudiant ne seront pas les mêmes qu’une famille nombreuse.

Amasser le fond d’urgence

Il est important d’amasser rapidement le fond d’urgence, en moins de trois mois idéalement. Vous devez donc trouver une façon de libérer des sommes importante d’argent en peu de temps. Il n’y a pas trente-six mille solutions: soit vous augmentez vos revenus, soit vous diminuez  vos dépenses. La deuxième option est souvent la plus facile. Coupez tout ce que vous pouvez et calculer le montant mensuel que vous allez avoir de plus dans vos poches. Par exemple, j’ai coupé mon service de télévision (80$), cessé d’aller chercher mon café au restaurant (35$) et décidé de ne rien dépenser sauf mes dépenses mensuelles obligatoires. Cela me permet d’aller chercher 250$ de plus par mois. J’additionne les montants, ce qui me donne 365$. Divisé en deux, 182$.

À chaque paie bimensuelle, je met 182$ dans un compte épargne. Je le fais DÈS que j’ai reçu ma paie. Puis, je me débrouille avec ce qui me reste pour les deux semaines suivantes. C’est l’étape la plus facile car si je n’ai pas l’argent dans mon compte, j’ai moins tendance à la dépenser. C’est sur le long terme que ça se corse car on voit le montant du fond d’urgence grossir peu à peu. Dans mon cas, c’était la première fois que je réussisais à garder un aussi gros montant dans ma vie. Inutile de dire que la tentation de tout le dilapider était plus que présente. Mais j’ai résisté et réalisé que ce n’est pas parce que j’ai de l’argent que je dois absolument la dépenser! Puis, la motivation d’avoir le 1000$ le plus rapidement possible est apparue et j’ai mit les bouchées doubles: en moins de deux mois, j’avais réussi à mettre mon fond d’urgence de côté sans m’endetter ou trop me priver.

Utiliser le fond d’urgence

Un fond d’urgence, ce n’est pas pour se payer un voyage (malgré le blues de l’hiver plus que présent), s’acheter un téléphone intelligent ou payer son solde de crédit car « on est trop serré ». Une crevaison, un rendez-vous imprévu chez le vétérinaire ou le dentiste, une réparation urgente sur la maison, ÇA, c’est des dépenses acceptables pour utiliser votre fond d’urgence. Quand la poisse nous tombe dessus, ne pas savoir comment on va payer l’imprévu est très stressant. Le fond d’urgence vous permet d’avoir un poids de moins sur les épaules.

 

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3 réflexions sur « Prévenir plutôt que guérir : le fond d’urgence »

  1. Bonjour Sorcière frugale,

    J’ai découvert votre blogue récemment et je le trouve très inspirant (surtout après avoir lu la page « À propos de moi »). J’ai une question concernant le montant à mettre dans un fond d’urgence. Pourquoi 1000 $? Vous mentionnez que 1000 $ est « assez gros pour couvrir la majorité des imprévus ». Ça dépend. Oui, c’est assez pour couvrir un rendez-vous imprévu chez le dentiste (pour ceux qui ne sont pas assurés). Mais ce n’est pas assez si le toit de la maison coule ou pour presque toute autre dépense relié à la maison. Ce n’est évidemment pas assez s’il y a une perte un emploi. Dans la littérature, je lis souvent qu’il faut avoir l’équivalent de six mois de dépenses dans un fond d’urgence. Je pense que c’est un peu trop, alors j’ai l’équivalent de trois mois de dépense dans un fond d’urgence.

    Au plaisir de discuter avec vous.
    Retraite101

    1. Bonjour retraite 101! Merci de ce commentaire !

      En effet, cet article nécessiterait bien une petite mise à jour. Je l’ai publié en 2014, lorsque je n’avais pas de maison et ma situation a bien changée depuis. Je dirais que cet article s’applique encore aux jeunes adultes, qui débutent en appart ou à des gens qui ont des dettes et qui doivent minimalement avoir un fonds d’urgence puis payer leurs dettes.

      Malgré cela, je n’ai pas un fonds d’urgence en tant que tel. Je pense désormais que l’importance du fonds d’urgence est surtout en fonction de la situation de chaque personne. Ce qui veut dire qu’il y en a pour tous les goûts ;)! Moi et mon conjoint travaillons dans des services essentiels, pour le gouvernement. Il faudrait commettre l’irréparable à notre travail pour se faire jeter dehors. Moi-même je suis spécialisée dans un domaine avec une grosse pénurie donc je ne me suis jamais inquiétée de mon sort. L’une de mes connaissances a perdu son emploi et s’est retrouvée 6-8 mois sans boulot; je m’aurais certainement bâti un fonds d’urgence si je travaillais au privé ou à contrat comme dans son cas.

      De plus, je pense que le fonds d’urgence est aussi utile selon nos habitudes financières. Il a plusieurs années, j’en avais de besoin car je ne savais pas gérer mon argent. Désormais, j’arrive à épargner plusieurs centaines de $$ chaque mois, qui vont dans des catégories bien spécifiques tel que entretien de voiture, permis de pratique/conduire, taxes, etc. Je ne m’y étais jamais arrêté, mais mon CELI pourrait tout aussi bien être mon fonds d’urgence, même si à la base j’y cotise pour prendre ma retraite plus tôt. Je ressens moins le besoin d’avoir un fonds d’urgence car je pense qu’en 3-4 ans que je l’ai eu, je ne l’ai utilisé qu’une fois. Mais, bien entendu, il ne faut jamais dire jamais! Notre maison va bientôt avoir 10 ans et il n’est jamais trop tard pour épargner pour des réparations comme le toit. C’est d’ailleurs l’un de mes projets financiers quand j’aurais terminé de mettre de l’argent de côté pour mon mariage 😛 !

      Pour finir, je pense aussi que notre partenaire (s’il y en a un) vient jouer dans l’équation d’avoir un fonds d’urgence ou non. Mon conjoint me fascine: il n’a aucun budget, ne sait même pas trop ce qui se passe dans son compte hormis qu’il « clear » sa carte de crédit aux deux semaines. Il n’est pas un gros dépensier et il ne fait pas trop attention non plus mais il réussit à épargner en masse à chaque mois. Lui son fonds d’urgence de six mois de salaire, il se l’est créé sans s’en rendre compte. Moi tout doit être budgété jusqu’à la dernière cenne ! Ensemble, je ne suis pas si inquiète si une embûche se présente sur notre chemin.

      Bref, la question du fameux fonds d’urgence est complexe et doit être adaptée à chacun. Cependant, une chose est certaine, c’est qu’on doit tous avoir au minimum un coussin peu importe notre situation financière.

  2. Bonjour Sorcière frugale,

    Désolé, je n’avais pas remarqué que l’article avait été publié en 2014.

    Vous avez raison, la nécessité et le montant (6 mois de salaire, montant fixe, etc.) du fond d’urgence est propre à chacun. Dans votre cas, vos emplois au gouvernement sont quasi garantis, donc la nécessité du fond d’urgence pour couvrir le risque de perte d’emploi est moindre que pour ceux qui travaillent dans le privé comme moi.

    Peu importe le véhicule de placement (compte d’épargne, CELI, etc.), l’important pour le fond d’urgence est qu’il soit liquide ou facilement liquidable, car il doit être accessible rapidement en cas d’urgence. La contrepartie est que le fond d’urgence liquide a donc un rendement assez faible. Il faut balancer entre risque et rendement.

    Au plaisir.
    Retraite101

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